France for Teach est un réseau qui oeuvre à l’échelle mondiale pour rendre plus efficace le système éducatif. A l’occasion de son implantation en France, Jean-Jacques le Mag a rencontré David Turner, 36 ans, chargé de son développement.

David Turner, vous expliquez dans votre dossier de presse que France for Teach va révolutionner l’école. Ne craignez-vous pas d’afficher des ambitions démesurées ?

Ai-je vraiment le choix ? Votre pays consacre 6,8 % de son Produit Intérieur Brut à l’éducation, et se situe à la 25ème place des pays de l’OCDE en termes de performance de son système éducatif. Je pose alors la question qui dérange : est-ce que la France veut faire entrer ses professeurs dans le monde du 21ème siècle, ou est-ce qu’on continue l’école de papa avec ses petites dictées et ses leçons de chose.

Pour changer l’école d’aujourd’hui, votre stratégie consiste à vous positionner sur la formation des enseignants. C’est un pari sur l’avenir ?

Il s’agit surtout d’une stratégie commerciale qui fonctionne dans les autres pays où nous sommes implantés. Nos formateurs, tous issus du monde de l’entreprise, ont pour mission de préparer les futurs professeurs au monde de demain.

Tous issus de l’entreprise ? Est-ce à dire qu’ils n’ont jamais enseigné eux-même ?

Oui. Il s’agit d’une spécificité de votre pays dans la formation des enseignants. Nous la respectons.

Quel sera le contenu de la formation dispensée par France for Teach ?

La formation s’articule autour de quatre thématiques : gestion des ressources humaines, relations commerciales, techniques opérationnelles et maintenance des équipements.

Vous oubliez tout ce qui concerne la pédagogie et la relation aux élèves, sujet central dans une formation d’enseignants ?

Nous ne parlons pas de formation d’enseignants, mais de School Manager Academy. Nous traitons de pédagogie bien évidemment car il est important pour nos “school managers” de savoir réinitialiser une tablette numérique. Mais nous abordons en parallèle les stratégies commerciales : rien ne sert de savoir enseigner s’il n’y a personne dans la classe.

Pour être plus clair, cela signifie que les professeurs devront eux-mêmes recruter leurs élèves ?

Bien sûr. Ca se fait beaucoup dans d’autres pays, et nous tenons à ce principe. C’est important pour une famille d’apprécier le professeur, et de développer un lien affectif entre ces deux partenaires.

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« Le résultat de notre enquête consommateurs est clair. Pour l’école, les parents d’élèves veulent des enseignants sympas, jeunes et dynamiques. Ils veulent aussi du sport pour leurs enfants, et des tablettes ».
David Turner, France for Teach

“Affectif” est un terme fort, notamment si l’on aborde l’évaluation des élèves. L’enseignant se doit d’être neutre dans sa relation aux familles pour pouvoir être juste dans sa notation.

C’est pour ça que nous avons abandonné l’idée de notation. Nous l’avons testé auprès d’un panel de consommateurs mais les retours clients étaient mauvais. Les gens n’aiment pas. Tout comme les devoirs. On a frôlé le bad buzz.

C’est réducteur. Vous allez froisser les enseignants qui nous lisent.

Au contraire. Vos professeurs ont de l’or dans les mains. Ils savent créer de belles affiches ou de beaux spectacles à la fin de l’année. Mettons à profit leurs compétences pour les recentrer sur un projet commercial qui permettra d’attirer une clientèle  plus large dans leur franchise.

Leur franchise ?

Les écoles où nous placerons nos jeunes enseignants sont des établissements franchisés. Cela nous permet de garder la maîtrise du contenu. Mais rassurez-vous, la qualité est notre priorité. Une mentor team évaluera chaque franchise tous les trois mois sur certains critères, comme par exemple la relation aux clients (enfants et parents) ou l’état général des toilettes, et des tablettes bien sûr.

France for teach commence actuellement son développement en France Que peut-on souhaiter à votre entreprise ?

Nous avons à moyen terme une stratégie de croissance qui devrait nous permettre d’atteindre un point d’équilibre d’ici 2020. C’est en tout à cas la mission que m’ont confié les actionnaires. A titre personnel, c’est également le temps que je me suis donné pour rendre le système éducatif français plus égalitaire. Mais je suis à la fois confiant et serein. J’ai réussi ce même type de pari chez mon ancien employeur pour qui j’ai développé plus de 150 restaurants sur le territoire. Je travaillais chez Mc Donald’s.

crédit photo : Freepik

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